Là où ensemble nous avions construit Cordoue ou Séville, à Melilla nous construisons une honte commune. 300 km de frontière européenne protégé contre l’acharnement d’hommes et de femmes fuyant la misère. Les gardes frontières et leurs supplétifs marocains tiennent la position comme d’autres tenaient Fort Alamo. Mais contre qui ? Des hommes déterminés à rejoindre l’espace Schengen. Même s’il s’agit d’un reliquat colonial, il brille comme l’Eldorado d’outre-atlantique. Qu’y a-t-il de si précieux dans cette enclave pour la protéger au point de fouler toutes les valeurs européennes et la foi musulmane ou de risquer son existence pour la rejoindre ? Quels bénéfices en tirent l’Espagne et le Maroc pour maintenir sur le sol africain une passerelle vers l’Europe ?

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