Où les hommes souffrent les femmes trinquent...à méditer.
Par Bekkar, mercredi 25 novembre 2009 à 22:32 :: General :: #144 :: rss
Accueil des femmes victimes de violences, dans nos institutions publics et parapublics...
Cette journée permet à chacun et à chacune, de se poser et réfléchir à la question, une femme qui subit les violences physiques, morales ou psychologiques de la part d’un homme, est-elle victime ou coupable ? Enfin j’ose l’espérer !
Trop souvent elle est considérée comme coupable de : subir et ne rien dire, se soumettre et se taire, continuer à l’aimer en lui trouvant milles excuses, trouver la cause à effet, tenter de se substituer à un psy pour sortir de cette violence, s’installer dans la Co-dépendance, installer l’omerta. Et quand elle est enfin considérée comme une victime car elle a le courage de briser l’omerta, trop souvent on parle d’elle dans des termes de misérabilisme, de victimisation, pourquoi a-elle attendue si longtemps ? pourquoi n’a-t-elle rien dit ? on était là « nous ». et pour finir les questions qui tuent celles que l’on trouve par terre, « c’était juste une gifle ?» ou « c’était juste des colères et des mots en l’air ? ». Je dis STOP, NON, car au final ceux qui installent cette vision des choses, c’est notre police et les ignare(e)s de grands chemins, les mauvais c’est certain, les chemins à prendre j’entend, et qu’on ne vienne pas me dire que j’exagère, je ne suis pas novice sur la question, car l’accueil de ces femmes dans les commissariats et leurs méthodes d’accueil, il faut les dénoncer et ARRETER de se taire, car se taire c’est cautionner, abdiquer, se courber… un exemple, du vécu : une jeune femme se fait agresser dans un parking sous terrain à Lyon, elle se débat et réussit à s’enfuir, elle rentre dans le premier commissariat, c’était une très jolie, très féminine, très coquette, première question dans le bureau des plaintes : « vous aviez ce rouge à lèvres dans le parking » ( comme si elle avait pris le temps de se maquiller dans sa course folle pour sauver sa peau), « et ben ma petite dame faudrait moins vous maquiller ça vous évitera les problèmes » là je dis bravo la psychologie de basse cour, bon on est chez les poulets en même temps, ils doivent considérer qu’il ne faut pas trop leur en demander sur la question des femmes et de leurs conditions. Bref ! une main courante a été enregistré, pas de plainte, pas de fichier cal longe pour tenter de reconnaître l’individu, qui sera peut être demain dans le même parking à la même heure pour achever son œuvre. Deuxième exemple, toujours du vécu : une jeune fille de 20 ans arrive au commissariat défigurée, elle explique à l’accueil qu’un homme l’attend dans un hôtel avec un revolver, il lui a donné une heure pour faire des courses si à 13h elle n’est pas revenue, il lui jure de la butter, une heure d’attente dans le hall, aucune prise en charge, personne ne la reçoit, personne ne l’écoute, j’attendais avec elle en osant espérer qu’une patrouille allait débouler à l’hôtel pour arrêter l’individu, quenéni, elle a attendu une heure et demie et toujours rien, j’ai donc décidé de la mettre en sécurité et de faire marcher le réseau, 4 heures après la police de Montpellier l’écoutait mais nous étions à 300kms de l’individu.
L’urgence dans les commissariats est : des formations d’accueil de femmes victimes de violence et acquérir une certaine maîtrise de la psychologie à appliquer. L’empathie est nécessaire mais l’écoute sans commentaires reste vitale. La police doit enregistrer des plaintes et arrêter les mains courantes, c’est juste une question de statistiques c’est honteux, et oui les mains courantes font baisser les stats de violences faîtes aux femmes, c’est facile, un bon moyen de se voiler la face. Mais j’ai quand même rencontré des mecs qui faisaient plutôt bien leur taf dans nos gendarmeries. Il faut également savoir, qu’à l’hôpital on ausculte une femme victime de violences, seulement si elle a une plainte pour valider l’agression, alors si la police ne l’a pas reçu, pas de solution…BRAVO. Vous comprendrez donc pourquoi peu de femmes portent plainte, sans oublier la peur des repressailles. Pour certaines associations j’ai envie de leur gueuler ça suffit vos argumentations à deux balles quand on engage sa conscience citoyenne dans le bénévolat, les subventions ne sont pas le moteur de l’action. Et qu’entendez vous donc par mesure d’urgence, un jour, deux jours, trois jours….je ne peux ignorer le laxisme des pouvoirs publics je vous l’accorde, mais la volonté d’agir, la force de conviction, l’aide, le partage ne se réfléchit pas avec une calculatrice, c’est vos tripes dont on a besoin, votre écoute, votre bienveillance, votre respect, et ça , ça n’a pas de prix et pas de retenus, si je puis me permettre.
Je me souviens d’un accueil après un appel au 115, le mec demande à cette maman de trois enfants si elle est française, et oui elle était couleur chocolat ! il lui propose de revenir dans quinze jours en s’interrogeant sur ses priorités, BEN MERDE, sa priorité c’était juste la mise en sécurité de ses enfants, elle était à la rue, une femme courage qui venait de claquer la porte et de dire merde à des traditions archaïques. L’humiliation a été le premier propos de cet accueil. Je peux vous dire que vous tenez vos poings au fond de vos poches pour ne pas lui coller une droite, on ne peut décemment pas lutter contre toutes formes de violences et distribuer des mandales, mais le cœur y était. Rebelotte, fallait faire marcher le réseau car aucune possibilités de prise en charge. Une femme a-t-elle donc le droit d’être libre dans ce pays, libre, de choisir, de dire, de faire, d’agir, de penser, de porter des jupes et des pantalons, de laisser apercevoir ses atours, de souligner son regard, d’habiller ses lèvres, de sentir le jasmin, de peindre ses ongles sans que ça foute la trique à un enfoiré, j’entend par « un enfoiré » un mec qui a des problèmes auditifs quand on lui dit « NON »,et qui comprend « OUI » « NON c’est NON ». car ça ce joue presque toujours autour d’un oui ou d’un non, un homme tordu considère comme un affront une femme qui s’affirme dans la négation.
Le gouvernement français n’a pas le DROIT de démissionner, la condition des femmes devrait être une priorité national, il est en mesure d’aller libérer des femmes au bout du monde, mais il laisse enchaîner le reste des femmes sur le territoire. C’est bien connu, où les hommes souffrent les femmes trinquent, il est donc important voire vitale de très vite réfléchir à la question.
La pression d’un homme, la soumission à un homme, les violences et peu importe leurs formes génèrent LA PEUR, cette pu…de PEUR qui te bloque les membres, qui te conditionnent l’esprit, plus de libre arbitre, les tripes dans les pompes, le cœur en stand by…cette peur qui t’empêche de partir par peur des représailles, et n’oublions pas que le système de dévalorisation que met en place un homme violent fait des carnages, elle doit reprendre confiance, s’écouter, s’apprécier, se reconstruire car toutes les fondations se sont écroulées… Alors s’il vous plait plus d’a priori, plus de préjugés, plus d’amalgames, une femme victime de violences, on l’écoute, on l’aide, on l’entoure, on l’accompagne, on la soutient, on l’aide à trouver des solutions et on met avec elle les solutions en place et de l’amour toujours de l’amour… L’URGENCE s’est la mise en sécurité qu’elle n’est plus à subir de violences.
Voilà c’était mon coup de gueule pour cette journée particulière.
Véronique BEKKAR
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